Contexte
La Tanzanie s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 à 35 % d’ici 2030 dans le cadre de ses contributions déterminées nationales (CDN) actualisées, soumises en juillet 2021, conformément à ses engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Pays riche en biodiversité, la Tanzanie dispose d’importantes possibilités pour tirer parti de l’agroforesterie afin d’atténuer les effets du changement climatique tout en améliorant les moyens de subsistance des femmes et la résilience des communautés.
L’intégration des arbres dans les paysages agricoles joue un rôle crucial dans la séquestration du carbone, l’amélioration de la santé des sols et la fourniture de divers avantages aux communautés. La stratégie nationale d’agroforesterie de la Tanzanie prévoit que quatre millions de ménages ruraux adopteront des pratiques agroforestières d’ici 2025, contribuant ainsi à l’amélioration des moyens de subsistance et à la durabilité environnementale. Le gouvernement a élaboré des lignes directrices sur l’agriculture intelligente face au climat (CSA) qui encouragent l’agroforesterie afin de renforcer la résilience et la productivité agricoles.
La Tanzanie a réalisé des progrès notables grâce à des partenariats avec des organisations telles que le Centre mondial d’agroforesterie (ICRAF), en développant des technologies innovantes, notamment des arbres fertilisants et des systèmes de transfert de biomasse. Des projets tels que HASHI et Scaling Agroforestry for Holistic Climate Resilience (SCARF) ont permis de former avec succès des milliers de petits exploitants agricoles à l’aide de méthodes participatives.
Malgré ces avancées, les femmes en Tanzanie jouent un rôle crucial dans l’agroforesterie et la gestion des ressources naturelles, mais elles se heurtent souvent à des obstacles qui les empêchent de participer aux processus décisionnels liés à l’action climatique. Les inégalités entre les genres limitent l’accès des femmes aux ressources, à la formation et aux opportunités de leadership, ce qui compromet leur contribution potentielle aux efforts de résilience climatique.
But de l’assistance technique
L’assistance technique de l’initiative plaidera en faveur de politiques et de mécanismes institutionnels sensibles au genre dans le cadre des mesures d’atténuation agroforestières. En fournissant des contributions et des recommandations pour intégrer les considérations de genre dans les stratégies et plans d’action agroforestiers nationaux, cet effort s’alignera sur les engagements pris par la Tanzanie dans le cadre de cadres internationaux tels que la CCNUCC.
L’assistance technique de l’ACA
L’assistance technique pour l’agroforesterie en Tanzanie s’aligne sur le Plan d’action pour l’égalité des genres de la CCNUCC avec la promotion de l’inclusion des questions de genre et en abordant les priorités sociales dans les stratégies politiques climatiques. Cette initiative vise à intégrer les considérations de genre dans les efforts d’agroforesterie et d’atténuation du changement climatique, en veillant à ce que les femmes soient pleinement associées aux activités de mobilisation des parties prenantes liées à l’utilisation des terres et à la cartographie de la couverture terrestre. En intégrant le Système d’apprentissage sur l’égalité des genres (SALG/GALS), l’initiative permettra aux femmes d’exprimer leurs besoins et leurs aspirations, renforçant ainsi leur rôle de leadership et garantissant une contribution efficace aux initiatives climatiques. Les organisations requérantes, l’ACRA et l’ACEES, ont déjà été formées au GALS, ce qui les place en bonne position pour mener cette initiative. Les deux organisations mettent l’accent sur l’engagement des hommes et des femmes afin de favoriser des environnements inclusifs qui soutiennent une action climatique efficace.
L’assistance technique se concentrera sur cinq domaines clés :
- Cartographie de l’utilisation des terres : élaboration de cartes complètes de l’utilisation et de la couverture des terres pour les zones agroforestières afin de fournir des données essentielles pour la planification et la mise en œuvre
- Renforcement des capacités : renforcement des institutions locales et des parties prenantes pour un suivi et un monitoring efficaces des pratiques agroforestières
- Approches sensibles au genre : autonomisation des femmes et garantie d’une participation active aux processus décisionnels
- Partage des connaissances : faciliter la diffusion des meilleures pratiques parmi les communautés et les parties prenantes
- Élaboration de politiques : soutenir les politiques qui encouragent l’adoption de l’agroforesterie, en créant des environnements propices à la gestion durable des terres et à la résilience climatique


