Renforcer la résilience hydrique et climatique au Rwanda

Alors que Action climatique en Afrique souligne la Journée de l’Afrique le 25 mai 2026, ce récit reflète l’engagement commun de l’Union africaine : « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ». Au Rwanda, cet engagement prend déjà forme grâce au renforcement des systèmes d’information sur l’eau, à l’innovation inclusive et au leadership local.

Soutenue par Affaires mondiales Canada par l’entremise du Mécanisme de déploiement d’experts – Action climatique en Afrique (EDM-CAA), cette initiative a contribué à renforcer les capacités du Rwanda Water Resources Board (RWB) en matière de gestion des données hydrologiques, à accroître la préparation au suivi grâce à la mise à niveau d’Aquarius Hydro-MIS, et à introduire un outil citoyen de suivi de l’érosion des sols qui a mobilisé des communautés dans quatre districts. Ensemble, ces efforts montrent comment les investissements dans la sécurité de l’eau peuvent faire progresser la résilience climatique, la santé publique et le développement durable à l’échelle de l’Afrique.

À partir de données jusqu’aux décisions : renforcer la résilience hydrique et climatique au Rwanda

Soumis par l’équipe du Rwanda Water Resources Board (RWB)

Le Rwanda est très vulnérable aux crues soudaines. Bien que le pays dispose d’une base de données hydrologiques, les dirigeants locaux n’ont pas toujours eu accès à des informations adaptées, comme des seuils d’inondation propres à certains lieux. À mesure que le nombre de stations de surveillance augmentait à la suite des inondations dévastatrices de mai 2023, la base de données utilisée par le Rwanda Water Resources Board ne pouvait plus accueillir l’ensemble des points suivis. Grâce à une mise à niveau de la base de données hydrologiques Aquarius à grande capacité, ainsi qu’à des repères et des seuils d’inondation conçus conjointement avec les communautés, le Rwanda bâtit une base de résilience climatique plus solide et fondée sur les données — une base où se conjuguent savoir communautaire, systèmes hydrologiques modernes et collaboration institutionnelle.

Dans le cadre de l’initiative d’assistance technique MDE-ACA, le Rwanda Water Resources Board (RWB) a considérablement renforcé son système d’information sur la gestion de l’eau. Une étape clé a été la mise à niveau d’Aquarius Hydro-MIS, passant d’un système de capacité moyenne à un système de grande capacité pouvant gérer plus de 1 000 stations hydrométriques, ce qui a fortement accru la capacité nationale de suivi et amélioré l’état de préparation à une prise de décision éclairée par les données climatiques.

Grâce à cette assistance technique financée par le gouvernement du Canada, l’équipe d’experts de MEK & Environmental Inc., établie en Colombie-Britannique, au Canada, a été déployée pour aider à renforcer les systèmes de données climatiques, tout en intégrant l’égalité des genres et l’inclusion sociale afin de soutenir un développement durable et résilient face aux changements climatiques.

D’autres projets du RWB axés sur l’alerte précoce aux inondations et sur les citoyennes et citoyens ont démontré que les données prennent tout leur sens lorsqu’elles parviennent à la population. En formant les agricultrices et agriculteurs, en validant les seuils d’inondation à l’aide de données historiques et d’observations de terrain, et en diffusant de l’information climatique à la radio, le projet Enhancing Climate Change Resilience in East Africa (ECREA) a aidé les communautés à mieux anticiper les inondations, à gérer l’érosion des sols et à adapter leurs pratiques agricoles.

Les témoignages de leaders villageois, comme Jean Pierre BUCUMI du district de Rusizi, dans le village de Rusayo, montrent l’impact concret de ce travail : l’accès à l’information météorologique et aux données sur les inondations aide les communautés à prendre des mesures anticipatoires. Elles sont mieux en mesure de comprendre les risques, de s’y préparer et de planifier en conséquence. Au cœur de ce changement se trouve une gestion des données plus robuste.

« Au Rwanda Water Resources Board, l’introduction des séries chronologiques Aquarius a transformé notre façon de gérer les données hydrologiques… Nous disposons maintenant d’un système fiable pour stocker, valider et analyser les données efficacement… Il simplifie le travail quotidien, renforce la collaboration et nous aide à fournir des informations plus exactes pour la planification des ressources en eau et la prise de décision au Rwanda. » — Jackline UWIMBABAZI, spécialiste de l’hydrobase de données, RWB

Le Rwanda connaît un changement déterminant : il passe d’une gestion des données fragmentée et manuelle à un système intégré et fiable qui soutient à la fois les spécialistes et les techniciennes et techniciens de terrain. Cette transformation n’est pas seulement technique; elle est aussi institutionnelle, car elle permet des flux de travail plus rapides, une collaboration renforcée et des données plus fiables.

« Depuis la mise à jour du site Web et la migration vers le nouveau système Aquarius, nous pouvons enfin élargir le suivi des eaux souterraines. Alors qu’auparavant, nous étions limités quant au nombre de stations que nous pouvions gérer, nous pouvons maintenant en ajouter environ 20 de plus et offrir des services additionnels en très peu de temps. Il est difficile de croire à la rapidité avec laquelle le problème a été réglé — cette mise à niveau transforme déjà concrètement notre travail au quotidien. » Bernard MUSANA, responsable du centre de connaissances et de prévision, RWB.

Ensemble, l’initiative Action climatique en Afrique et des projets comme ECREA montrent que la résilience repose sur deux piliers : des systèmes solides, comme Aquarius, qui garantissent des données de grande qualité; et des communautés fortes capables d’utiliser ces données pour prendre des mesures climatiques efficaces. Alors que le Rwanda poursuit l’élargissement de ces efforts, le lien entre les données hydrométriques, les seuils d’inondation et la prise de décision des agricultrices et agriculteurs ne fera que se renforcer, transformant l’information en action, puis l’action en résilience.